acadie
La colonie acadienne du Poitou a été constituée par des familles de colons français établis en Acadie (Canada) et expulsés par les anglais dans le cadre de leur projet de conquête du Canada. C’est sous l’influence du marquis de Pérusse des Cars que le roi Louis XV donne son accord pour réaliser cette opération, qui devait permettre, aux acadiens de s’intégrer dans de bonnes conditions.
Archigny est la commune où le passage des acadiens a laissé le plus de traces tangibles : les fermes de la ligne acadienne sur la route de Monthoiron et de la Puye. Sur 58 fermes construites il n’en reste que trente-deux, qui dans leur quasi-totalité ont été modifiées ou complètement transformées. Vous pouvez découvrir la ferme musée acadienne au lieu-dit "les Huit Maisons", la ferme n°1 à "la Petite Chaussée" et la ferme n°6, à "la Croix de justice".
la maison acadienne
L'Etablissement agronomique, modèle voulu par le marquis Pérusse des Cars et bâti en 1773-1774, est un exemple unique d'aménagement rural. Les maisons font partie d'un programme complet de constructions rurales, selon un plan rationnel d'implantation le long de voies larges et rectilignes de plusieurs kilomètres, ouvertes dans les taillis de brandes. Les fermes sont disposées au long de ces larges chemins bordés de fossés, par groupe de deux, quatre, six ou huit (lieu-dit "Les Huit maisons"). Cet "Etablissement acadien en Poitou" devait servir d'exemple pour cultiver "selon de bons principes", et avec les connaissances agronomiques les meilleurs pour l'époque.
 
la ferme construite en 1773-1774
Elle réunit sous le même toit, en longueur, la maison et les bâtiments d'exploitation. Il existe deux modules principaux de ferme, dont la longueur est de 22 mètres ou de 28 mètres, selon qu'elle comportait une ou deux pièces d'habitation avec cheminée pour loger une famille (prévue pour 10 personnes adultes et enfants). On connaît l'histoire de chaque ferme, avec le nom de ses habitants successifs.
Les 58 fermes ont toutes été construites sur des plans type, avec les mêmes dimensions des pièces (6,60 mètres sur 5,40 ou 6 mètres pour les chambres), des portes et fenêtres, et avec les mêmes matériaux de base, mais elles présentent des variations dans l'ordre de disposition linéaire de l'habitation, de la grange et de l'étable.
Pour accueillir les acadiens à temps, Pérusse des Cars, a pensé que, faute de pierres disponibles sur les terrains très argileux de ce plateau, il pouvait utiliser la technique de construction des murs en terre et des encadrements d'ouverture en bois. Les murs ont été édifiés en terre caractéristique du plateau d'Archigny-La Puye, appelé le "bornais", extrait sur place et gâché avec de l'eau et des brins de brande.
 
les modifications apportées dans les années 1850-70
Les familles paysannes ont progressivement modifié plusieurs aspects de la maison d'origine, pour l'adapter à leurs besoins : notamment en consolidant avec des pierres des parties de murs de terre exposées à la pluie (côté ouest) ou usées par le bétail, en remplaçant les encadrements de chêne des ouvertures par des quartiers de pierre, en agrandissant les lucarnes d'origine. Souvent la ferme initiale a été rallongée après 1850, pour ajouter une pièce supplémentaire ou une grange, construites en moellons de pierre liés à la terre ou à la chaux.